Canada: rachat avec KKR et des fonds - France: résultats à 20 heures remis en cause par Internet
Le canadien BCE discute d'un rachat avec KKR et des fonds
TORONTO (Reuters) - BCE, premier groupe canadien de télécommunications, a annoncé mardi mener des discussions pour être racheté par le fonds de capital-investissement Kohlberg Kravis Roberts et trois fonds de pension canadiens, ce qui pourrait aboutir à sa sortie de la cote et au plus gros rachat du genre dans l'histoire du pays.
L'action BCE gagne 6,59% à 38,65 dollars canadiens vers 17h15 GMT à la Bourse de Toronto, après être montée plus tôt jusqu'à 39,06. Le titre a gagné plus de 20% depuis fin mars.
BCE, dont la capitalisation boursière avoisine les 29,3 milliards de dollars canadiens (19,1 milliards d'euros), a longtemps été la société canadienne au nombre d'actionnaires individuels le plus important.
Les fonds de pension menant les discussions sont Canada Pension Plan Investment Board, Caisse de dépôt et placement du Québec et le fonds canadien de retraites du secteur public (Public Sector Pension Investment Board).
Le new-yorkais KKR est un partenaire minoritaire de ce consortium.
BCE détient Bell Canada, première compagnie de téléphone du pays.
La publication des résultats à 20 heures remise en cause par Internet
Avant l'heure, est-ce l'heure ? C'est la question que le petit monde de l'Internet français est en train de se poser à cinq jours du premier tour de l'élection présidentielle. La loi du 19 février 2002 est pourtant très claire : il est interdit à quiconque de publier des résultats, estimations, et autres sondages sortis des urnes avant dimanche vingt heures.
C'est en effet l'heure où, en métropole, les derniers bureaux de vote ferment. Avant cet horaire, tout le monde est donc condamné à trépigner et à entretenir le suspens comme il peut. En cas d'infraction, une amende de 75 000 euros est prévue.
Mais si la consigne est facilement applicable aux médias traditionnels, il n'en va pas de même pour Internet : un petit coup d'œil à n'importe quel site hébergé hors de France publiant des estimations rend la loi inopérante. Du coup, Jean-Marc Morandini l'annonçait sans ambages il y a quelques jours : dès 18 heures, il publiera sur son blog ce qu'il sait. Plus exactement des « rumeurs qui circulent dans les rédactions », précise l'animateur d'Europe 1, puisqu'il ne s'agira pas encore de résultats officiels.
Depuis quelques jours, le débat enfle, en particulier sur la blogosphère. L'éditeur et chroniqueur Guy Birenbaum a décidé d'emboîter le pas à l'animateur sur son blog NRV. A lire celui de Daniel Schneidermann, le présentateur de l'émission Arrêt sur Images et chroniqueur à Libération s'est visiblement posé des questions. Mais finalement, il se dit contre. Le bloggeur Nicolas Vanbremeersch, plus connu sous le pseudonyme de Versac, lance carrément un appel aux bloggeurs à respecter la loi. Il estime, sur son site, que « ce n'est pas parce qu'Internet m'offre la liberté de diffuser des informations que je dois le faire. La diffusion de résultats, outre son caractère illégal, est de nature à favoriser des manipulations et une inégalité flagrante devant le vote. » Le journaliste John-Paul Lepers invoque une autre raison de ne pas céder à la tentation. « Transgresser cette loi qui (pour l'instant) ne s'applique pas à nous, c'est se faire plaisir une fois, mais c'est surtout renforcer ceux qui, embarrassés par la liberté du Net, souhaitent légiférer pour nous contrôler » estime-t-il sur son blog.
« Internet n'est pas une zone de non-droit »
Si blogs et sites personnels prennent position, les intentions sont moins claires parmi les sites de médias, notamment ceux évoquant cette polémique. NouvelObs.com a décidé de ne rien publier avant 20 heures, stigmatisant un coup de publicité de la part de Jean-Marc Morandini. Marianne2007.info, le site consacré à l'élection de l'hebdomadaire Marianne, ne dit rien de ses intentions. LeFigaro.fr ou 20Minutes.fr non plus mais lancent un débat auprès des internautes. Peut-être pour en publier les résultats avant vingt heures…
Il reste que le sujet est pris au sérieux par différents organismes. Le Forum des Droits sur l'Internet (FDI) s'est fendu d'un communiqué le 17 avril. Il rappelle les obligations légales et l'amende prévue, mais il souligne aussi que « la méconnaissance volontaire de ces règles pourrait nuire gravement à l’image de respect, d’éthique et de démocratie qui est celle de la web campagne. » Le FDI balaie l'argument des résultats consultables avant l'heure sur des sites étrangers. Pour lui, l'interdiction reste pertinente puisque son but est de « garder au déroulement du scrutin sa sérénité et d’éviter toute publication d’information qui pourrait avoir pour effet d’amener certains électeurs à renoncer à aller voter ou à orienter leur vote. » Du côté du CSA, qui n'a aucun pouvoir de régulation de la Toile, on précise qu'« Internet n'est pas une zone de non-droit ». Le régulateur de l'audiovisuel rappelle qu'en 1997, une élection législative à Toulon avait été invalidée suite à une entorse à la loi du Vrai Journal sur Canal Plus. L'émission de Karl Zéro avait diffusé un sketch anti-Front National, le jour du vote. Le candidat FN battu avait porté plainte et obtenu un nouveau scrutin, qu'il avait perdu à nouveau.
Source : http://www.yahoo.fr (actualités)