Un petit aperçu des TICE au Sénégal
Source:http://acaciaforum.net/
Le Sénégal, à l’instar des pays d’Afrique subsaharienne, s’est engagé dans une politique visant à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et d’accéder à la scolarisation universelle en 2015. Dans cette optique, pour son développement socioéconomique, l’état sénégalais mise sur la valorisation des potentiels humains. Il consacre actuellement, près de 40% de ses ressources à l’éducation et à la formation. Malgré ces efforts consentis, le système éducatif se confronte actuellement à de nombreux défis de taille qui sont relatifs à l’accès (90% de TBS pour l’élémentaire, 39% pour le moyen et 16% pour le secondaire) , à la gestion administrative, à la formation de qualité des enseignants, à l’approvisionnement durable et suffisant en supports didactiques (manuels), à l’inclusion, à la qualité des apprentissages.
En outre, dans une conjoncture de raréfaction des ressources, le pays se doit disposer d’assez d’enseignants suffisamment formés pour répondre à la demande croissante d’éducation de qualité sur l’étendu de son territoire. Outre, la volonté de l’état de s’appuyer sur les TIC pour servir de levier à la stratégie de croissance accélérée du pays, le système éducatif, dans son ensemble, considère le e-Learning comme un moyen incontournable pour améliorer l’accès et innover les pratiques d’enseignement et d’apprentissage.
Ainsi, l’état multiplie les initiatives dans le domaine des TIC pour l’éducation. Il est soutenu dans ce domaine par les partenaires techniques et financiers, les organismes internationaux, la société civile, le privé, etc.
A titre illustratif, on peut citer quelques-unes des initiatives :
La réalisation du projet Internet gouvernemental qui doit à terme offrir à tous les secteurs de l’éducation un accès privilégié aux TIC, fournir des supports de communication et mettre à disposition des ressources éducatives pour les institutions éducatives et de formation , les chercheurs, les agents de l’État ;
La signature de convention de partenariat avec les opérateurs de Télécom (Orange) pour la réduction des coûts d’accès à Internet les institutions d’éducation et de formation du public et les enseignants ;
L’accord avec Microsoft PIL, pour l’accès à des applications à des taux préférentiels et l’appui dans la formation des acteurs de l’éducation ;
La mise à disposition de salles informatiques (30000 ordinateurs de seconde main sur 3ans) pour quelques écoles par l’agence Sénéclic rattachée à la présidence ; pour les lycées grâce à l’Inde à travers le projet Team nine, 100 salles seront équipées et les volets formation et maintenance pris en compte
La participation à l’expérimentation de modèles « e-school » du Nepad
L’extension des centres multimédias communautaires et la construction de e-case
Le développement de l’électrification rurale, le taux couverture actuel est de 18 % et l’état ambitionne de la porter à 50% d’ici 2012 ;
Le Développement de la formation à distance dans le supérieur. Par exemple, l’EBAD (école de bibliothécaires et archiviste, La faculté des sciences et techniques de l’éducation de la formation (FASTEF) , du Centre d’Enseignants à Distance ( à direction des cadres du public et du privé), le Réseau africain d’enseignement à distance , la branche sénégalaise, pour la formation de cadres en édumatique, les formations offertes par l’AUF, la formation des enseignants (expérimentation de la formation des contractuels de l’éducation par le projet des volontaires , la coopération française pour les professeurs de discipline),
Le développement du projet de l’université du futur africain ;
L’ouverture de portail avec des contenus éducatifs par le centre de ressources du RESAFAD.
Les ordinateurs sont de plus en présents dans le milieu scolaire mais, leur usage pédagogique est très limité ou inexistant. L’approche est plutôt techniciste et consiste à l’initiation des élèves à l’utilisation des TIC. Toutefois, des projets comme celui du Groupe pour l’étude et l’enseignement de la population (GEEP), de World-Links, de Projet qualité de la coopération avec la direction de l’enseignement l’élémentaire, la fondation Paul Gérin Lajoie ont tenté des expériences d’informatique pédagogiques ponctuelles ou limitées dans le temps.
Malgré la volonté des autorités et les initiatives tous azimuts pour s’appuyer sur les potentialités des TIC afin d’améliorer la qualité des pratiques d’enseignement et d’apprentissage, aucune politique en matière des TIC pour l’éducation (TICE) n’a pas encore été définie.
Acacia a soutenu de 2003 à 2009, un projet de recherche sur l’intégration des TIC dans les apprentissages de base à l’école élémentaire au Sénégal qui représente une contribution du projet à la définition d’une stratégie d’intégration efficiente, efficace et contextualisée des TIC dans le curriculum de l’éducation de base dans le pays. A titre illustratif, on peut citer quelques-uns des résultats de cette recherche :
La nécessité d’adopter une démarche systémique avec comme but la mise en place d’une organisation apprenante à partir d’une vision partagée des TIC dans l’établissement dont l’opérationnalisation s’effectue à travers un projet d’école ;
Le suivi –accompagnement permanent des enseignants avant, pendant et après les séances d’enseignement. L’accompagnement est de type socioconstructiviste avec pour objectifs d’amener à changer de représentations , à réfléchir sur leur pratique et à construire de nouvelles connaissances et savoir-faire sur les plans didactiques, pédagogiques et technopédagogiques ;
Le développement de diverses compétences suivant une logique de construction de connaissances avec l’utilisation des TIC comme ressources parmi d’autres à travers la réalisation de projets intégrateurs articulées à des situations contextualisées, proches du vécu des élèves ;
La cohérence entre les stratégies d’évaluation en cours dans le système et les compétences développées en situation les élèves à travers l’utilisation des diverses ressources dont les TIC
Le déploiement d’équipements adaptés à l’environnement des locaux, la disponibilité des ordinateurs dans les salles de classes avec un ratio d’un ordinateur pour six élèves, le suivi et la maintenance des installations et appareils et la prise en charge des coûts de consommables représentent autant de points qu’il faut prendre en compte.
En gros, le Sénégal dispose d’atouts considérables en matière d’infrastructures de communication numérique comme analogique. Le pays est bien couvert par les médias : radiodiffussion, télévision, téléphonie mobile (avec un taux de pénétration de près de 51%) , l’internet au débit. Cependant l’accès aux infrastructures informatiques et électriques présente une disparité entre les grands centres urbains et le milieu rurale. Cette fracture est plus criarde dans le secteur éducatif, plus précisément dans le sous –secteur de l’élémentaire dont la majorité des établissements sont milieu rural, sans électricité. Cependant, il existe une volonté politique de réduction de fracture numérique, énergétique (et aussi pédagogique) entre les différents niveaux d’enseignement quelque soit leur localisation. C’est une question d’équité pour l’école publique. Des initiatives tous azimuts sont entreprises pour réduire ce gap et promouvoir l’usage des TIC par les enseignants comme par les élèves afin d’améliorer leurs pratiques et performances.
Les technologies liées au Web 2.0 et le m-learning (m comme mobile) pourraient représenter une opportunité pour améliorer l’accès à des ressources éducatives les acteurs du système éducatif sénégalais. C’est une des pistes à explorer pour la mutualisation et le partage des ressources éducatives multimédias..